Ça pousse, ça grandit ces petites choses-là et un jour… un jour… ça demande, armé de toute l’innocence du monde: “Mamaaaaaan? Comment on fabrique les tites filles au juste?”
Si Coquinette état née en 1978, comme moi, sa maman se serait contentée de répondre:
- On prie ma belle. (J’apprendrai des années plus tard qu’effectivement, puisque ma mère avait déjà pondu un fils, elle s’était donné la peine de prier pour que ce coup là, ça soit une tite fille.)
En tout cas là, on est en 2009 et les parents, en 2009, ça prend ça au sérieux les questions des enfants. Surtout LA question tant redoutée, mais comment on fait ça, les bébés?!? Puisqu’on prend ça au sérieux, on se donne la peine de répondre, de vulgariser en essayant de ne pas trop se mettre les pieds dans les plats (ce qui après tant de vulgarisation, est pas mal inévitable).
Par chez nous, ça fait un bout de temps que ça traîne, que je vois que ma fille est curieuse, qu’elle veut… sa-voir. Ça a commencé avec des: “Mais, mais, mais, comment ça un jour j’existais pas?!?” C’est que, voyez-vous, c’est un peu dur de concevoir, quand on a 4 ans, qu’un jour, la terre tournait et qu’on pouvait ne pas y être. J’ai vite réglé la question, ai piqué une réponse à je ne sais pas qui sur l’Internet; la période de l’avant-ta-conception, c’est la période durant laquelle je te portais dans mon coeur. Ce qui, si on y pense bien, fait beaucoup de sens dans mon cas puisque dès mes 14 ans je passais mes soirées à rêver du jour où j’aurais des enfants.
La semaine dernière vint la vraie de vraie question: “Quand vous avez décidé, papa et toi, de me fabriquer, vous avez décidé que je serais une fille?”
- Mais noooon, on peut pas décider ces choses-là ma belle (pas encore).
- Oh, mais comment ça?
- Ben parce que pour faire un bébé, d’abord, il y a le papa et la maman qui se parlent et décident, ensemble, qu’ils veulent avoir un enfant (je tourne les coins ronds ici, je vais quand même pas lui expliquer comment on fait des accidents ok?). Ensuite, le papa met une petite graine dans le ventre de la maman.
- Oh! Comme une peanut?
- Oui, euh, non, bien plus petite qu’une peanut, toute-toute-toute petite et c’est pour ça, parce que c’est si petit, qu’on ne peut pas encore voir si c’est un petit garçon ou une petite fille.
- Rôôôô, on peut pas choisir…
- Bon, mais tu sais, c’est que le papa et la maman, quand ils décident qu’ils s’aiment assez et qu’ils ont assez d’amour dans leur coeur pour en donner tout plein à un petit bébé, ils ont tellement d’amour que c’est pas important pour eux que ça soit un garçon ou une fille. Qu’il soit très intelligent ou un peu moins, très beau ou un peu moins, bon à l’école ou un peu moins, ils ont tellement d’amour dans leur coeur qu’ils décident que peu importe ce qui arrivera à leur petit enfant, ils vont toujours l’aimer quand même.
- Et là la petite graine on peut la voir quand elle est dans le ventre de la maman?
- Oui, mais ça prend une machine spéciale, avec cette machine, on peut prendre des photos en noir et blanc, si tu veux, je te montrerai des photos de toi quand tu étais dans mon ventre.
- Oh vouiiiii!
- Alors voilà, une fois que le bébé il est dans le ventre de la maman, il grandit, grandit, grandit et un jour, après beaucoup, beaucoup, beaucoup de dodos… hé bien il sort de la bedaine de la maman.
- Oh! Mais…. mais… mais…. maman, il sort de là comment?
- Huuuuum… (merde, je l’avais pas prévue celle-là, encore heureuse qu’elle n’ait pas demandé comment on la place dans le ventre… je soupçonne qu’elle pense qu’il faille avaler la graine)
- Mais, maman, comment il sort de là?
- Bah, tu vois, moi, par exemple, ce sont les médecins qui on coupé mon ventre pour te faire sortir de là (lalalèreuuuuu, vive la césarienneuuuuuu), ensuite ils ont recousu mon bedon, d’ailleurs, j’ai encore ma petite couture, tu veux la voir?
Billet inspiré par celui-ci, de ma copine Marie-Chaton.