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Portraits

J'avais 20 ans et je m'imaginais que je dessinais bien. Tellement, que j'ai eu le culot de m'inscrire en cinéma d'animation. Dans mon porte-folio il y avait des trucs étranges et des dessins difformes, aux proportions mal définies, bref, je suçais.

J'avais aussi dans le fameux de porte-folio un petit film qui celui-là était plutôt chouette. Une animation en bonhommes de silicone "Mono" montés sur de la broche. On m'a acceptée à l'université. Quand j'ai suivi mon premier cours de dessin et que j'a vu le niveau de mes compatriotes, j'ai bien compris que ça n'était pas du tout pour mes dessins que j'avais été admise; j'étais de loin la moins bonne de la classe, incapable de dessiner un modèle vivant, de reproduire une photo. Je peinais à faire des bonhommes allumettes, même dessiner un ballon qui rebondit m'affligeais de complexes. Dès la première année j'ai compris que j'avais intérêt à me spécialiser dans un truc plus expérimental, genre les marionnettes. À la fin du bac j'ai compris que j'avais aussi intérêt à continuer mes études dans quelque chose d'un peu plus sûr, comme la gestion, mettons.

Reste que de faire du dessin pendant 3 années ça a laissé des traces. Premièrement, j'ai toujours beaucoup aimé dessiner. Ensuite bon, même si j'étais plutôt mauvaise, j'arrivais; surtout vers la fin, à produire quelques trucs chouettes. Enfin bon, en trois ans; j'en ai acquis du stock de dessin et de bricolage... et ne m'en suis jamais départi.

Ça fâ que... tantôt, alors que je donnais congé de garderie à Coquinette... ben jai eu envie de lui montrer mon armoire aux trésors. On a sorti les pastels gras, les secs, les fusains, les crayons feutre, les aquarelles, l'aquarelle, les pots de pébéo, la teinture à cuir, rendues là on a arrêté de fouiner. L'armoire est restée pleine à moitié et j'ai étendu une immense feuille sur le plancher du salon. Une feuille d'emballage d'étagère IKEA.

C'est cool dessiner avec sa fille, j'ai commencé par faire quelques traits avec chacun des crayons pour lui montrer comment les utiliser. Ensuite on a commencé à dessiner. Quand elle a compris que moi je la dessinais elle; elle s'est mise à me dessiner moi. Faut pardonner mes proportions, qui comme au bac ont gardé l'habitude d'être ma maîtrisées. Et faut retenir que c'est extrêmement dur de dessiner un visage d'enfant, dès qu'on met un trait de trop ça ressemble à un vieillard. Et puis bon, moi je suis habituée avec des modèles vivants qui savent rester immobiles pendant des 10-15-30 minutes, alors qu'un enfant change de position à peu près aux 20 secondes. N'empêche que dans l'ensemble je suis super satisfaite de mon expérience et je me promets de recommencer.

Prochaine fois, je m'attarderai davantage aux volumes, aux proportions et aux tissus, là je me dérouillais.

J'aime l'oeil aussi... quoique oui, effectivement, c'est drôlement plus facile d'en faire un fermé que d'en faire un ouvert. D'ailleurs je suis rendue là: apprendre à dessiner ma fille avec les yeux ouverts.

Et ça, c'est il y a un mois, mon premier dessin d'elle.


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Commentaires

J'ai un livre à te prêter. Ça s'appelle "drawing with children", c'était recommandé sur le blog d'élise gravel, c'est vraiment cool ce que fait sa fille! http://www.elisegravel.com/node/236 Je l'ai ajouté à ma commande amazon pour la livraison gratuite, mais disons que le Petit prince de la connaissance inutile n'a pas encore tout à fait atteint le niveau de dextérité requis pour tenir un pastel gras loin de sa bouche...

Oh oui oh oui! Je veux lire ça!

Moi, je t'ai toujours trouvée bonne!!!!! ;-)

Ah ouais? Tu sais... que t'as toujours été meilleure que moi?

Très jolie ça. Et je me reconnais beaucoup dans ton récit de filles au bac qui se compare pas toujours avantageusement à ces comparses.

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