Petites réflexions
Deux pensées ont marqué ma journée du 25, ça se passait chez mes parents, on a fêté le Noël à l'heure du midi, en clan réduit (mes parents, leur descendance et leurs amoureux).
Première pensée: arrivée comme un cheveu sur la soupe. Je cherchais quelque chose, un escabeau je crois, pour ma mère qui voulait atteindre le saucier au dernier étage de l'armoire. En cherchant je tombe face à face avec une photo de ma grand-maman. De son vivant, elle passait tous les Noël avec nous, assise dans le fauteuil de l'oncle Henri, et bouffait les cannes de bonbons à la vitesse de l'éclair. Mon père la taquinait toujours avec ça...
"Salut grand-maman, je t'aime" que je lui ai dit en croisant son petit sourire fier. En voyant sa photo, j'ai eu quelque chose comme 20 Noël qui me sont sautés en pleine face, les cousins qui courent, les oncles et les tantes qui rient, ma mère qui me fait porter un ensemble jaune moutarde à pois mauves avec des épaulettes et la parenté qui m'implore de jouer Vive le vent au violon. Le Noël que j'ai passé avec mon casque de hockey sur la tête. Ado, ma cousine, ma tante, mon frère et moi, en train de fumer dans ma chambre, au sous-sol, la fenêtre grande ouverte, enroulés dans nos gros chandails de laine. Ça m'émeut toujours de penser à ça, c'étaient de beaux moments.
En fin d'après-midi je suis montée à l'ordi faire le transfert des photos. Mes parents ont encore un peu de difficulté à le faire, du coup quand je passe chez eux je prends leur appareil et je mets tout à la bonne place, dans des dossiers bien identifiés. Ensuite je formate la carte, parce que sinon ils effacent les photos une par une, hihihi. Alors que je transférais, je suis tombée sur les photos de voyage de ma mère.... Ça adonne, par un étrange concours de circonstances qu'une des ses employées habite en haut de chez moi, elle partage un appartement avec sa fille, devenue mon amie depuis le déménagement. La dame est chouette, ma mère aussi. Elles reviennent d'un voyage d'affaires ensemble.
J'ai entrepris de lui envoyer (à la voisine) les photos d'elle par courriel, tant qu'à jouer là-dedans, aussi bien le faire comme du monde et là, vlan! Ça m'a sauté en plein visage. Je voyais ça, les deux madames, dynamiques, belles, souriantes. En Afrique. La soixantaine joyeuse, radieuse... pis je me suis dit à moi-même: "Vraiment, j'espère que je vais ressembler à ça dans 30 ans". Ma mère et ma voisine; elles kickent des culs.