Voilà donc l'histoire.... Il y a quelques années, j'ai eu un gros chien, un beau chien, un adorable chien... qui faisait quand même 300 millions de mauvais coups, devait marcher 3 heures minimum par jour (du sang de labrador, ça a de l'énergie en titi) et qui s'était mis à mordre (uniquement les adultes et juste quand on la surprenait à faire un mauvais coup) alors que nous avions un bébé d'un an à la maison. J'ai dû le donner. M'en suis jamais remise. Pour moi, c'était l'échec avec un grand E. Je parle encore régulièrement de mon chien-parti à ma fille et depuis un bon deux ans, on ne peut pas croiser de chien dans la rue sans s'arrêter pour le flatter (après avoir demandé la permission, bien entendu), une de nos activités favorite est d'aller au pet shop voir les chiots (même si ça brise le coeur de les voir enfermés là). Dernièrement on a commencé à fréquenter carrément les magasins de bouffe à animaux, juste pour voir leurs jouets... et tout et tout... Je me raisonne depuis des mois, me disant que chez nous c'est petit... qu'un chien c'est tout un engagement... rien n'y a fait; j'en voulais un pareil.
Je n'aurais toutefois pas pris l'initiative de contacter un éleveur, j'attendais que le chien me tombe dans les bras. À vrai dire, j'espérais au cours des dernières années, que je tomberais sur un chien perdu. Jusqu'à la semaine dernière où une amie, venant de se découvrir une allergie, me proposa son chien.... J'ai passé la journée à essayer de convaincre mon chum. Quand il a enfin eu l'air de dire "demain matin j'te dirai oui", j'ai écrit à mon amie... qui venait de refiler son toutou à quelqu'un d'autre. Aaaaaaaaaaargh! Enfer et damnation, j'ai eu les larmes aux yeux pendant toute la soirée, la nuit, et la moitié du lendemain... jusqu'à ce que je trouve un chien sur les petites annonces; qui ne venait vraisemblablement pas d'une usine à chiots (parce que oui, plusieurs annonces sont louches), qui était jeune, de la race que je voulais (un croisé bichon-caniche charcoal ou un teckel nain -j'aime marcher mais avec Coquinette il m'est impossible de faire 1 ou 2 heures de marche matin et soir-)... et pas trop cher. Nous sommes partis le chercher après le souper, dimanche soir, en compagnie de Coquinette. À la minute où nous avons croisé son regard on a su, tous, qu'ils reviendrait dormir chez nous.
Où en sommes-nous une semaine plus tard?
Ma foi, ce bébé est adorable. Il jappe parfois le soir, pour ne pas être seul (alors le plus sage pour le moment est d'attendre qu'il soit endormi avant d'aller nous coucher) mais sinon il est pas mal propre (je commence à avoir de l'expérience, j'ai comme un radar à monde qui ont envie... ), jappe très peu, joue comme un roi. Il sait déjà "pipi", "donne", "viens", "non" et je travaille sur "rapporte", "au besoin" (ça c'est pour dire va faire pipi-caca dehors). On s'attaquera à "assis", "couche", "reste" éventuellement, quand le reste sera bien acquis. Il marche et court déjà bien avec la laisse... laisse et attelage qui sont en fait ceux du lapin... qui pour le moment, est plus gros que le chien!
Je crois que je suis sévère, je calcule ses portions de nourriture et il passera de 3 à deux repas très bientôt (l'obésité est une plaie pour ce genre de chien puisqu'ils sont longs -colonne fragile- et ont de très petites pattes), j'insiste pour qu'il donne sans broncher tous ses jouets, même la babiche, je lui ai acheté une cage, parce que j'ai vécu le chien qui fait des mauvais coups dès qu'on n'est sortis et ça ne me tente pas de gérer ceci encore. D'ailleurs c'est drôle de voir que la cage, ça ne fait peur qu'aux humains, parce que lui, il a tout de suite trouvé sa nouvelle maison fort chouette et il y passe plus de la moitié de la journée, de son plein gré, la porte ouverte. Dès qu'il aura un peu vieilli je vais insister pour aller à quelques cours de dressage avec Coquinette (et le chien), parce qu'un chien bien élevé, c'est vraiment agréable... et je tiens à ne pas refaire les erreurs que j'ai commises par le passé. Il sera castré dès qu'il aura atteint l'âge pour le faire et je lui ai fait donner tous les vaccins possibles afin qu'il puisse aller jouer au parc à chiens sans problème.
Za part de cela il est frileux, alors il a un col roulé, la vétérinaire me conseille les bottes pour bientôt, quand il y aura de la neige. Comme j'ai pas d'auto et que je suis du genre à me promener partout... avec mon chien... il va falloir que je commence sérieusement à regarder ce qui se fait en matière de sacoche-à-chien (pas le droit de prendre l'autobus avec ton chien dans tes bras, il doit être dans un sac ou une cage). Ça sera ma première vraie sacoche à vie... en attendant, il se promène dans un sac à épicerie nos compliments.
Voilà... il s'appelle Balthazar, a 10 semaines, fait 5 livres. C'est un chien saucisse, qui devrait faire, de l'avis du vétérinaire, à peu près 18 livres. Il brise déjà des coeurs, cette semaine une inconnue m'a même demandé la permission de le prendre en photo... Coquinette l'adore, son jeu préféré est de se cacher dans la cage avec le chien. Elle apprend tranquillement à ne pas être la reine de l'univers (c'est là que je réalise que ma fille était princesse pas mal). Elle est en train d'apprendre l'altruisme et la douceur avec les plus petits. Ils sont bien mignons à voir aller ensemble... bien mignons...
Finalement, je me passais la remarque cette semaine, pour avoir eu des animaux avant et après avoir eu ma fille... c'est pas pareil du tout une fois que t'as un enfant. Avant la naissance de Coquinette, je passais toutes mes hormones de filles-qui-veut-des-enfants-mais-qui-n'en-a-pas sur mes animaux. Là, Balthazar, c'est pas mon bébé; c'est mon chien. Je l'adore mais la ligne est tracée. Ça fait d'ailleurs un peu bizarre de ne pas sentir mes hormones de fille se mettre de la partie.

On me demandait des photos l'autre jour, en voici une, faut me pardonner le pyjama-combines (mes pantalons de pyjamas sont tous au lavage), j'ai pris ça vite vite avec photobooth il y a deux minutes.