La veille au soir elle s'était couchée à 20h. Ordre du médecin.
- L'avez une blonchite madame, l'avez pas le dloit de faile d'effolt de toute la semaine, allêtez de sôtil et couchez-vous à des heules laisonnables!"
Pffff... arrêtez de sortir... se dit-elle en quittant la clinique, tu parles... mais il pense quoi lui, que j'ai 20 ans? Je fais que çaaaaa; rester chez moi, regarder la télé et essayer de travailler.
Sage et obéissante, à 20h ce soir là, elle se coucha et ne se réveilla que 13 heures plus tard; à cause de la toux qui revenait au galop.
Au réveil elle ouvrit son ordinateur, regarda ses messages et ses rss, répondit à unetelle et untel, lu son horoscope et se demanda finalement quoi faire de sa journée. C'est toujours un peu compliqué décider quoi faire de sa journée quand on est en congé de maladie et qu'on est samedi. Elle décida de se faire un café afin de s'éclaircir les idées et revint le boire dans le salon, devant son ordinateur... c'est alors qu'elle eut une révélation: aujourd'hui, elle ferait le ménage. Mais pas n'importe quel ménage... le GRAND ménage. Celui des armoires et de l'entrée. Elle viderait tout et replacerait tout comme du monde. Debout, dans le milieu du corridor, elle élabora... un p-l-a-n.
D'abord, il faudrait vider le meuble du salon et le mettre dans l'entrée, comme ça on pourra entreposer nos bottes, nos tuques et nos mitaines cet hiver, ensuite je m'attaque au garde-robe de la chambre à coucher, puis à celui du corridor... faudrait pas oublier celui de la salle de bain...
Elle alla se changer, mit une jupe de ménage (avec des motifs de grand-mère dessus) et des pantoufles, s'attacha les cheveux et se mit au boulot.
Elle vida le meuble du salon, en commençant par le bas, où il y avait les bouteilles d'alcool, puis en finissant par le haut où elle avait entreposé ses cd. Elle mit les bouteilles par terre et les cd sur l'étagère d'à côté.
Elle se rendit ensuite dans l'entrée et vida la tablette en haut des crochets. Ne sachant pas où mettre ce qu'elle venait de prendre; elle décida de tout remettre à sa place et vida plutôt les crochets, qui clairement, étaient surchargés. Elle lança tout par terre dans la chambre de sa fille, passa le balai et bougea le meuble du salon jusqu'à l'entrée. Elle fut alors ravie de voir qu'il y avait de l'espace pour entreposer les jouets de sable et constata avec joie toujours, que les bâtons de hockey tenaient mieux maintenant qu'il y avait un gros meuble dans l'entrée. Elle s'assura que la porte d'entrée s'ouvrait assez pour laisser passer la poussette, puis, la referma. Elle remplit le haut du meuble de foulards, replaça (mieux) les vêtement sur les crochets et se retourna.
"Catastrophe!" se dit-elle... mais qu'aies-je fait à mon salon?!? "Mieux vaut ne pas trop regarder, ça risquerait de couper mon rythme; je devrais plutôt aller vider le garde-robe de ma chambre"
C'est alors que sa mère arriva, avec un casseau de bleuets et une branche de basilic. Elle lui offrit aussi du blé d'inde mais se buta à un refus. La maman repartit le coeur léger. La fille mangea ses bleuets en méditant sur la droite américaine, trouva tout ceci un peu lourd et songea plutôt aux derniers potins concernant Britney, Brad et Lindsay Lohan.
Elle reprit le boulot et se rendit dans sa chambre où elle vida le fond du garde-robe. Elle monta le meuble de métal qu'elle avait reprit de chez ses parents la semaine dernière et le plaça dans le garde-robe. Elle réussit ainsi à caser ses chandails, un coussin de grossesse long de 5 pied dont elle ne sait toujours pas quoi faire, trois ans après avoir accouché (quoique bon, ça tenait compagnie les premiers jours de sa séparation), son vieux nounours et ses chaussures... Elle sortit les draps et les couvertures du garde-robe car elle voulait les mettre avec le reste de la literie, dans le garde-robe de la salle de bain.
Contente de l'état de l'entrée et du garde-robe de sa chambre, elle se rendit au garde-robe de la salle de bain et essaya d'y ranger les draps. Pas moyen. Elle constata aussi... non sans découragement, que c'était le bordel là-dedans...
*soupir*
Elle regarda alors l'heure et eut faim. Elle regretta amèrement d'avoir refusé le blé d'inde, et se contenta d'une toast avec du brie.
De retour dans le corridor, elle se se pencha dans le garde-robe et vida le premier étage, puis le deuxième, le troisième, le quatrième... classa, jeta, re-classa, re-jeta, fit le ménage de la pharmacie et nota que cette habitude d'acheter les trucs en spécial était vraiment ridicule; elle n'aura plus le droit avant janvier prochain d'acheter: savon, brosses à dents, pâte à dents, shampoing ou soie dentaire. Elle constata également que si la fameuse attaque de zombies finit par arriver, tous ceux qui se réfugieront chez elle seront propres-propres-propres... pour au moins un an. Elle réussit enfin à caser la literie qui séjournait auparavant dans le garde-robe de la chambre mais fut obligée de sortir les linges à vaisselle et la nappe de là et de les transférer dans l'armoire de la cuisine. De toute façon, c'est plus logique, se dit-elle.
Elle amena les linges à vaisselle dans la cuisine et vit en chemin, que les bouteilles d'alcool gisaient toujours sur le plancher du salon. Elle les amena elles aussi à la cuisine et les abandonna sur le comptoir. Elle entreprit de se faire à souper... sortit le foie de veau, le posa dans un bol de lait, comme sa grand-maman faisait dans le temps, coupa un oignon et le fit revenir dans du beurre, coupa des champignons; trouva qu'il n'y avait en fin de compte, pas assez de place sur le comptoir et remisa les bouteilles dans le haut du garde-manger. Revint à ses champignons, prit le foie de veau et le lança sur les oignons qui doraient, attendit un peu et rajouta les champignons, tourna la viande, attendit un peu... la sortit et la posa dans une assiette. Un peu embêtée, elle observa les oignons et les champignons cuire et finit par avoir une idée: garocher du vieux vin blanc dessus. Ce qu'elle fit, le sourire aux lèvres.
Elle étendit les légumes au vin sur le foie et partit déguster le souper devant son ordinateur, posé dans le salon. Arrivée là elle vît l'état de la pièce et soupira... décidément, même si j'ai travaillé toute la journée... et que j'ai vrai-ment l'impression que ça a avancé, je ne suis pas sûre du tout que de réorganiser l'appartement... c'était une si bonne idée que ça, se dit-elle
Peut-être, je dis bien peut-être... j'aurais pu... un peu mieux... gérer mes priorités...




Elle soupira à nouveau et se dit enfin:"coudonc, faudrait aussi que j'apprenne à écrire des fictions; me semble ça s'rait un peu plus divertissant".