Iphigénie

Je vous racontais plus tôt cette semaine mon aventure de pas-de-coffre-à-outil, qu’en me rendant chez Rona un dimanche matin je me suis butée à une porte close. Désespérée, je suis allée passer le temps à côté chez Raffin. Eh bien chez Raffin, j’ai fait un achat. Trois pour être plus précise mais les deux premiers étant des livres pour bambins je vous en épargne la critique*…et, à bien y penser, celle du livre pour adulte aussi. Je suis pourrie critique. Très beaucoup pourrie. Alors je vais juste vous dire 2-3 choses mais c’est seulement pour avoir la conscience tranquille. Parce que, voyez vous, quand je tombe sur quelque chose de bon, je me sens toujours un peu messie et j’ai le goût de « partager la bonne nouvelle ». Revenons à Raffin donc; j’errais dans les allées à la recherche d’une quelconque lecture à me mettre sous la dent et c’est là que j’ai vu une jolie table avec siégeant dessus : Iphigénie en haute-ville. Premier constat : la couverture est jolie. Tsé en papier mat qui se grafigne bien comme les Rupert K ? Moi j’aime ça ce papier là alors tout de suite, j’ai été intriguée. Je l’ai pris le livre, l’ai retourné de bord et tout de suite j’ai accroché : « L’histoire que nous nous proposons de raconter dans ces pages est celle d’un couple. En conséquence, elle finira mal…blablabla ». Déjà je trouvais que la plume de l’auteur, François Blais de son nom, était pas mal belle. Ce fut suffisant pour me convaincre, j’ai acheté la chose et je l’ai lue en 5 jours. 5 jours !!!! Mais c’est long 5 jours, direz-vous ! 5 jours de ma vie de monoparentale, c’est comme une soirée de ma vie de jeune fille. 5 jours : ça veut dire que c’était bon en titi. Belle plume, plein de mots que je ne connaissais pas avant comme : s’épivarder, marri, paltoquet, subodorer, prolixe et fabliaux. Je termine ma non-critique en vous disant ceci : Cynisme, ironie, désillusion, tout ça dans le même livre et je vous laisse avec un extrait ayant provoqué un fou rire de plusieurs minutes. En fait l’extrait, je le lis à tout le monde depuis mercredi :
«Comment je l’ai connue ? Assez platement. Certains, dans leur vie amoureuse, chassent à la manière du faucon (brève période d’observation suivie d’une attaque éclair); d’autres comme le chacal (repérer les bêtes les plus faibles du troupeau – les plus saoules, les plus «mal dans sa peau», les plus connes – et fondre sur elles); d’autres encore adoptent la stratégie de l’araignée («à force de tendre des toiles dans tous les coins, je vais finir par attraper une créature quelconque»). Moi je suis plutôt comme l’anémone : bien prêt à allonger un tentacule pour attraper ce qui passe à ma portée, mais pas question de quitter mon rocher.» p. 120
Iphigénie en haute-ville
François Blais
Les éditions de l’instant même, 2006
200 jouissives pages
*quoique l’histoire de la p’tite vache qui a perdu sa mère qu’on raconte à l’aide du livre ET des marionnettes à doigts vendues en combo, c’est le top du top.
Commentaires
J'affectionne particulièrement les bouquins qui racontent l'amour avec cynisme et ironie. J'ajoute celui-ci sur ma liste de lecture :)
Posted by: Petite moi | avril 29, 2007 07:11 PM
Je l'ai déjà lu et je l'ai trouvé excellent.J'avais demandé à la "vendeuse" un livre "girly". Je ne l'ai pas trouvé trop girly. Moi aussi j'ai appris plein de mots. Sais-tu s'il a écrit autre chose?
Je pourrais te conseiller Un petit pas pour l'homme qui est plus ou moins dans le même genre. :-)
Plumette
Posted by: Plumette | avril 30, 2007 11:43 AM
C'est son premier livre d'après ce que j'ai lu.
Je prends des notes pour Un petit pas pour l'homme, merci :-)
Posted by: Peccadilles | avril 30, 2007 09:13 PM